Festival du livre et des métiers d’art de Nevers, 18 et 19 avril 2026

Si tu ne vas pas à Lagardère, Lagardère ira à toi. Cette réplique a fait vibrer des générations d’adolescents. C’était il y a… fort longtemps. Tolkien et J. K. Rowling n’avait pas encore peuplé l’imaginaire des ados d’elfes, de hobbits et de sorciers. Quel rapport avec Nevers, me direz-vous ? 

Cette réplique est extraite du Bossu, roman de cape et d’épée de Paul Féval paru sous forme de feuilleton en 1857 dans le très sérieux et très conservateur journal Le Siècle. Le Bossu, c’est une sorte d’agent de change, qui fait signer ses clients sur une planchette posée sur sa bosse. On est dans la première moitié du XVIIIe siècle, sous le règne du régent Philippe d’Orléans et la spéculation va bon train. Et qui est ce Bossu ?

Une fois déplié, c’est le chevalier de Lagardère, qui s’est donné pour mission de venger le duc de Nevers (on y vient) et de protéger sa fille Aurore des manigances de l’odieux duc de Gonzague. Lagardère, contre Gonzague, c’est le pot de terre contre le pot de fer, le gentil sans ressources contre le puissant méchant, c’est l’idéal de tout ado (du temps où il n’y avait pas de réseaux sociaux). Mais comment peut-il vaincre le très méchant, très sournois et très puissant Gonzague sans magie, me demandez-vous très inquiet ? Grâce à la botte de Nevers (on y revient), une botte imparable que le duc de Nevers lui a apprise, avant de mourir dans un guet-apens ourdi par le diabolique Gonzague. Tierce, quinte, quarte, et à la fin de l’envoi, je touche.

Nevers

Le rapport avec Nevers, trente-trois mille habitants, tranquille préfecture du département de la Nièvre (58), au confluent de la Loire et de la Nièvre, s’arrête là. Et si vous visitez Nevers, vous n’y trouverez pas la moindre trace du chevalier, ni même le moindre bottier. Vous y verrez, en revanche, un très beau palais ducal (le comté de Nevers a été élevé en duché en 1538), dont la construction de la fin du XVe au début du XVIe siècle (le très bel escalier d’honneur de la tour centrale). En fin d’après-midi, le soleil donne une jolie couleur ocre à sa façade en calcaire. Il s’honore d’avoir accueilli deux reines, Louise-Marie de Gonzague, reine de Pologne de 1645 à 1667 (épouse du roi Ladislas IV puis Jean Casimir) et puis Marie-Casimire de La Grange d’Arquien, reine de Pologne de 1645 à 1696 (épouse du roi Jean Sobieski).

L’étonnante cathédrale Saint-Cyr et Sainte Julitte vaut également le détour. C’est peut-être l’une des seules à avoir deux chœurs et deux absides qui se font face, d’architecture romane vers l’ouest et gothique vers l’est, (très beaux vitraux).

Nevers est également renommée pour sa faïence… et nous allons retrouver à cette occasion les Gonzague, qui n’étaient, sans doute, pas d’aussi méchants personnages que dépeints par Paul Féval. C’est Louis IV de Gonzague, duc de Mantoue et époux d’Henriette de Clèves, héritière du duché de Nevers, qui y fit venir des faïenciers italiens à la fin du XVIe siècle. Ils s’y sont installés et ont fait de la ville une capitale européenne de la faïence. Les faïences de Nevers, cuites à grand feu, sont reconnaissables à leur teintes bleues et vertes. Vous saurez tout sur la faïence en visitant le Musée de la faïence et des beaux-arts.

Puisqu’on parle de musées, j’ai un petit faible pour le musée nivernais de l’éducation. Installé dans une ancienne école primaire, il est le témoignage vivant de l’école communale du début du XXe siècle : reconstitution d’une salle de classe, présentation de documents, ouvrages scolaires et matériels d’enseignement, galerie des souvenirs…

Nevers fut également un port actif. Port de déchargement des bateaux de faible tonnage qui descendaient le fleuve, très capricieux en amont, et de chargement pour ceux, de plus gros tonnage, qui continuaient vers Gien et Orléans en aval. Le quartier de Médine, entre la Loire et la Nièvre, était habité par tous ceux qui vivaient de l’activité portuaire et batelière. L’arrivée du chemin de fer et le percement du canal latéral de la Loire a donné un coup d’arrêt à cette activité.  Elle a aussi apporté la modernité à la ville, une modernité qui se traduit par de nombreux bâtiments haussmanniens.

Les deux reines de Pologne ne sont pas les seules personnalités qui ont marqué Nevers. Bernadette Soubirous y est morte et enterrée et, dans un tout autre ordre d’idée, Pierre Bérégovy en a été le maire de 1983 à 1993.

Le festival du livre et des métiers d’art

Le festival du livre et des métiers d’art est organisé chaque année par l’association Nevers Cité littéraire, en partenariat avec le GEM, Groupement des écrivains médecins. Il se tiendra cette année les 18 et 19 avril au Palais ducal.

Ce festival est né fortuitement. Le GEM tenait chaque année son congrès dans une ville différente et Nevers cherchait à créer un événement autour de la littérature. Lors du passage du GEM à Nevers, l’idée a germé de « sédentariser » l’événement et de l’élargir à toute forme de littérature. L’association Nevers, cité littéraire est née de cette rencontre. Le festival du livre et des métiers d’art en est, cette année, à sa sixième édition.

La mairie de Nevers lui ouvre, à cette occasion, la salle Mazarin et la salle Henriette de Clèves du palais ducal, superbes exemples de l’architecture d’apparat de la Renaissance. L’entrée est gratuite et se fait par l’office du tourisme, rue Sabatier. Le salon accueillera vingt-huit auteurs non-médecins (mais sans doute patients), vingt auteurs médecins, ainsi que quelques artisans-artistes, relieur, éditeur, sculpteur…

Le salon ouvre ses portes à 9h30 et ferme à 18h. Le samedi matin aura lieu la remise des prix, les deux prix « roman » et le prix « jeunesse ».

Le Chaudron des Illusions

J’y serai pour présenter mon roman Le Chaudron des illusions ainsi que mon polar La Taverne du Bagne. Le personnage principal du Chaudron des Illusions, Jules Boisrenard, n’est pas Neversois : il est Moulinois. Ne soyons pas chauvin : Moulins est à cinquante-sept kilomètres au sud de Nevers par la route.

Toutes les infos sur le site officiel : https://www.festival-du-livre-nevers.com/

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